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Bienvenue sur le blog de la posturologie et de la posture. Différents articles sont proposés sur les semelles orthopédiques (kinépod, posturales, proprioceptives), les gouttières dentaires dont les activateurs buccaux (rééducation, bruxisme, ronflement, sport) et les planches oculaires actives (rééducation fatigue des yeux) .

Syndrome fémoro-patellaire : comprendre la douleur antérieure du genou chez le sportif et l’adolescent

Pourquoi cette douleur revient… malgré des examens normaux ?

Douleur à l’avant du genou. En descendant les escaliers. En courant. En restant assis trop longtemps. L’IRM est normale. Les ligaments sont intacts. Le cartilage ne présente pas d’atteinte majeure.

Et pourtant… la douleur est bien réelle.

Le syndrome fémoro-patellaire (SFP) — aussi appelé douleur antérieure du genou ou parfois genou du coureur — représente près d’un quart des consultations pour douleur du genou en médecine du sport (Crossley et al., 2016).

Mais ce que l’on sait aujourd’hui change profondément la manière de l’aborder.

Le genou n’est pas le problème. Il est le révélateur.

La rotule (patella) fonctionne comme une poulie biomécanique.
Elle optimise la force du quadriceps.

Pour que ce système soit efficace, plusieurs conditions doivent être réunies :

Lorsque le fémur tourne excessivement en rotation interne, que le bassin s’affaisse en charge ou que le pied reste en pronation prolongée, les contraintes augmentent dans l’articulation fémoro-patellaire (Powers, 2010).

Ce n’est pas une lésion isolée.
C’est une surcharge d’un système mal coordonné.

Pourquoi les adolescents sont-ils particulièrement concernés ?

Pendant la croissance :

  • Les os grandissent plus vite que les muscles
  • La coordination motrice se réorganise
  • La laxité ligamentaire peut augmenter

Le système s’adapte… parfois maladroitement.

Chez les adolescentes sportives, notamment dans les sports à pivot ou à saut, la prévalence est significativement plus élevée (Rathleff et al., 2015).

Le genou devient alors la zone qui exprime une instabilité globale temporaire.

 

Chez le sportif adulte : surcharge ou désorganisation ?

On incrimine souvent :

Ces éléments jouent un rôle.

Mais les études actuelles montrent que le déficit de contrôle des abducteurs de hanche, le valgus dynamique et la mauvaise coordination segmentaire sont des facteurs déterminants (Barton et al., 2015).

Autrement dit :

On renforce souvent le genou…
sans corriger l’organisation qui le surcharge.

La douleur peut persister… même quand la structure va mieux

Dans certains cas, la douleur devient chronique.

Des phénomènes de sensibilisation centrale peuvent apparaître (Nijs et al., 2013).
Le système nerveux devient plus réactif.

Ce qui signifie que la solution ne peut être uniquement anti-inflammatoire ou mécanique.

Elle doit être fonctionnelle, progressive et globale.

Ce que disent les recommandations scientifiques

Les consensus internationaux convergent vers :

✔ Exercices combinés hanche + genou
✔ Travail du contrôle moteur
✔ Gestion fine des charges
✔ Éducation thérapeutique

Les orthèses plantaires peuvent aider certains profils biomécaniques, mais elles ne constituent jamais une solution isolée.

Le point clé :
rééduquer le mouvement, pas simplement soulager la douleur.

 

Conclusion : et si le genou était la conséquence… d’un déséquilibre dynamique ?

Le syndrome fémoro-patellaire nous rappelle une chose essentielle :

Une IRM normale ne signifie pas un mouvement optimal.

Le genou fait partie d’une chaîne.
Pied, bassin, rachis, coordination oculo-motrice…
Tout interagit.

Dans une approche d’analyse posturo-dynamique, comme celle développée au sein du réseau Clinique OPS, le genou n’est jamais étudié isolément.

Le bilan postural OPS permet d’analyser :

  • Les appuis plantaires en statique et en dynamique
  • L’organisation segmentaire du membre inférieur
  • Le contrôle du bassin en charge
  • Les compensations intersegmentaires

L’objectif n’est pas de “bloquer” le genou.

Mais de :

✔ Restaurer une stabilité dynamique
✔ Rééquilibrer les chaînes musculaires
✔ Stimuler les capteurs proprioceptifs plantaires
✔ Réorganiser le mouvement en charge

Les outils actifs de rééquilibrage postural tels que les activateurs plantaires, gouttières actives, sangles posturaux intégrés dans une stratégie personnalisée, ne compensent pas passivement.
Ils stimulent le système pour favoriser une adaptation durable.

Parce qu’un genou qui souffre aujourd’hui
est parfois l’expression d’un système qui dépense trop d’énergie pour se stabiliser.

Et lorsqu’on améliore l’organisation globale…
la contrainte locale diminue.

Durablement.

 


Références académiques

  • Crossley KM et al. (2016). Patellofemoral pain consensus statement. Br J Sports Med.
  • Powers CM. (2010). The influence of abnormal hip mechanics on knee injury. J Orthop Sports Phys Ther.
  • Rathleff MS et al. (2015). Adolescent patellofemoral pain. Am J Sports Med.
  • Barton CJ et al. (2015). Best practice guide for patellofemoral pain. Br J Sports Med.
  • Nijs J et al. (2013). Central sensitization in musculoskeletal pain. Pain Physician.

 

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E
Super intéressant.<br /> Ça rappelle à quel point une analyse globale du mouvement peut compléter les approches plus classiques, notamment avec des bilans posturaux type OPS.
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L
Très bon rappel que le repos seul ne suffit pas 👍<br /> Le renforcement musculaire reste la clé sur le long terme !
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M
Merci pour cet article 🙏<br /> Je me reconnais complètement dans les symptômes décrits (douleur à l’avant du genou, surtout dans les escaliers et après être resté assis longtemps).<br /> Après plusieurs mois, j’ai réalisé que le renforcement musculaire ciblé faisait vraiment la différence.
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R
Article super intéressant !<br /> Pensez-vous que la prévention (renforcement des fessiers + technique de course) devrait être systématique chez les adolescents sportifs, même sans douleur ?<br /> On voit souvent que le problème apparaît progressivement avec l’entraînement.
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