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Bienvenue sur le blog de la posturologie et de la posture. Différents articles sont proposés sur les semelles orthopédiques (kinépod, posturales, proprioceptives), les gouttières dentaires dont les activateurs buccaux (rééducation, bruxisme, ronflement, sport) et les planches oculaires actives (rééducation fatigue des yeux) .

Tendinopathie d’Achille : surcharge mécanique ou défaut d’alignement postural ?

Une douleur fréquente… et souvent récidivante

Douleur matinale au lever. Raideur à froid. Sensation de brûlure à l’arrière du talon après la course.

La tendinopathie d’Achille est l’une des pathologies les plus fréquentes chez le coureur et le sportif d’endurance. Elle touche également les sujets moins actifs, en particulier après 40 ans.

On parle souvent de surcharge mécanique.
Mais est-ce réellement la seule explication ?

Les données actuelles suggèrent une réalité plus complexe.

Comprendre la tendinopathie d’Achille

Le tendon d’Achille est le plus puissant du corps humain.
Il transmet la force du triceps sural au calcanéum et permet :

  • La propulsion
  • Le stockage et la restitution d’énergie élastique
  • La stabilisation en phase d’appui

Contrairement à l’ancienne idée d’inflammation, la tendinopathie correspond le plus souvent à une dégénérescence tendineuse non inflammatoire, appelée tendinose (Khan et al., 2002).

Elle se caractérise par :

L’imagerie peut montrer des altérations…
mais la douleur ne corrèle pas toujours avec la sévérité structurelle.

La surcharge mécanique : une évidence partielle

L’augmentation trop rapide :

  • Du volume d’entraînement
  • De l’intensité
  • Du travail en côte

constitue un facteur déclenchant classique.

Le tendon d’Achille supporte jusqu’à 6 à 8 fois le poids du corps en course (Komi, 1990).

Mais une question persiste :

Pourquoi certains athlètes supportent ces charges sans douleur…
et d’autres développent une tendinopathie malgré un entraînement modéré ?

Le rôle de l’alignement et de la chaîne biomécanique

Le tendon d’Achille ne travaille jamais seul.

Sa contrainte dépend :

  • De la cinématique du pied
  • Du timing musculaire
  • De la rotation tibiale
  • Du contrôle du bassin

Une pronation prolongée, une instabilité en phase d’appui ou un défaut de propulsion peuvent modifier les vecteurs de force appliqués au tendon.

Certaines études montrent une association entre hyperpronation et surcharge achilléenne (Munteanu & Barton, 2011).

Mais au-delà du pied, la hanche et le bassin jouent un rôle déterminant dans la transmission des forces.

Un défaut de contrôle proximal peut augmenter les contraintes distales.

Le tendon devient alors la zone d’adaptation.

Tendinopathie insertionnelle ou corporéale : deux réalités mécaniques

On distingue :

  • La tendinopathie corporéale (2–6 cm au-dessus de l’insertion)
  • La tendinopathie insertionnelle (au contact du calcanéum)

Les mécanismes diffèrent :

  • La première est souvent liée à une surcharge élastique répétée.
  • La seconde peut impliquer des contraintes compressives contre le calcanéum (Cook & Purdam, 2009).

Comprendre le type de contrainte est essentiel. Traiter uniquement la douleur ne suffit pas. Il faut comprendre la mécanique qui l’entretient.

 

La douleur chronique : un phénomène adaptatif

Comme dans d’autres tendinopathies, la douleur peut devenir persistante.

La théorie actuelle parle de continuum de la tendinopathie (Cook & Purdam, 2009) :

  1. Réaction tendineuse
  2. Désorganisation
  3. Dégénérescence

À chaque stade, la stratégie thérapeutique diffère.

Les exercices excentriques restent une référence (Alfredson et al., 1998), mais ils doivent être intégrés dans une vision plus globale.

 

Ce que disent les recommandations scientifiques

Les lignes directrices actuelles recommandent :

✔ Exercices progressifs de mise en charge
✔ Travail excentrique ou heavy slow resistance
✔ Gestion individualisée des charges
✔ Analyse des facteurs biomécaniques

Mais une constante apparaît :

Lorsque l’environnement mécanique global n’est pas corrigé,
la récidive est fréquente.

 

Conclusion : surcharge… ou organisation mécanique inefficiente ?

La tendinopathie d’Achille n’est pas uniquement une histoire de kilomètres parcourus.

C’est souvent l’expression d’un tendon qui compense :

  • Une instabilité plantaire
  • Un défaut d’amortissement
  • Une propulsion inefficace
  • Une coordination proximale insuffisante

Dans une lecture posturo-dynamique, le tendon devient le témoin d’une chaîne qui travaille en déséquilibre.

Au sein du réseau Clinique OPS, l’analyse ne se limite pas au tendon douloureux.

Le bilan postural OPS permet d’évaluer :

  • Le comportement plantaire en dynamique
  • La qualité de l’amortissement et de la propulsion
  • L’alignement segmentaire membre inférieur / bassin
  • Les compensations ascendantes

L’objectif n’est pas de décharger artificiellement le tendon.

Mais de :

✔ Optimiser la répartition des forces
✔ Améliorer la stabilité dynamique
✔ Stimuler les capteurs proprioceptifs plantaires
✔ Restaurer une propulsion efficiente

 

Les outils actifs OPS, s’intègrent dans une stratégie thérapeutique personnalisée de rééquilibrage postural. Semelles actives, activateurs plantaires sur mesure ou universels, activateurs buccaux, planche oculaire active et sangles orthokinésiques agissent comme de véritables stimulateurs du système sensorimoteur.

Ils ne compensent pas passivement.
Ils participent activement à la réorganisation du mouvement.

Leur rôle n’est pas de “porter” le corps à sa place, mais de lui transmettre une information sensorielle plus juste, afin d’aider le système nerveux à mieux répartir les contraintes, à mieux coordonner l’action musculaire et à retrouver une organisation plus fonctionnelle.

Car un tendon ne souffre pas seulement d’un excès de charge.
Il peut aussi souffrir d’une mauvaise gestion de cette charge.

Quand l’organisation corporelle devient plus cohérente,
quand le pied, la mâchoire, les yeux ou les chaînes musculaires retrouvent une meilleure synergie,
la contrainte mécanique peut redevenir plus tolérable.

Et lorsque le mouvement s’améliore,
le corps ne subit plus de la même manière.
Il s’adapte mieux.
Il économise mieux.
Il fonctionne mieux.

Durablement

 

Références académiques

  • Khan KM et al. (2002). Histopathology of common tendinopathies. Sports Med.
  • Cook JL, Purdam CR. (2009). Is tendon pathology a continuum? Br J Sports Med.
  • Alfredson H et al. (1998). Heavy-load eccentric calf training. Am J Sports Med.
  • Munteanu SE, Barton CJ. (2011). Lower limb biomechanics in Achilles tendinopathy. J Foot Ankle Res.
  • Komi PV. (1990). Relevance of in vivo force measurements. J Biomech.

 

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R
Super intéressant. Ça montre bien l’intérêt de prendre un peu de recul et d’analyser le corps dans son ensemble, pas juste la zone douloureuse.
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E
Le bilan OPS permet de mettre en lumière ces déséquilibres invisibles.
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L
Article très intéressant 👏<br /> <br /> Le corps fonctionne comme une chaîne, et un déséquilibre plus haut peut facilement se répercuter sur le tendon.<br /> <br /> Un bilan OPS permet justement d’identifier ces compensations globales et d’agir à la source plutôt que uniquement sur la zone douloureuse!
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