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13 Janvier 2026
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La grossesse transforme le corps… mais elle transforme aussi le cerveau.
Longtemps, ces modifications sont restées invisibles, décrites à travers des clichés – notamment le fameux « baby brain », ce sentiment d’oubli ou de lenteur mentale que beaucoup de futures mamans rapportent. Pourtant, les neurosciences montrent que la réalité est bien plus fascinante : la grossesse réorganise le cerveau pour améliorer la sensibilité maternelle, la lecture émotionnelle et la capacité à répondre aux besoins du nouveau-né.
Ces transformations ne sont pas des fragilités. Ce sont des adaptations neurobiologiques puissantes, comparables à une véritable mise à jour du système nerveux, permettant au cerveau parental de devenir plus efficace dans ce qui comptera le plus : la relation, la protection, la disponibilité.
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En 2016, une étude pionnière a marqué un tournant dans la compréhension du cerveau maternel. L’équipe de Elseline Hoekzema a mis en évidence une réduction sélective de la matière grise dans plusieurs régions du cerveau pendant et après la grossesse, en particulier dans les zones associées :
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’expression réduction, ces changements n'indiquent pas une perte de capacités. Ils traduisent plutôt une spécialisation, comparable à un cerveau qui élimine des connexions inutiles pour renforcer les circuits vraiment pertinents.
Cette plasticité est durable : certaines modifications persistent au moins deux ans après la grossesse, témoignant d’un ancrage profond.
Le cerveau devient ainsi plus apte à reconnaître les signaux du nourrisson, à anticiper ses besoins et à créer un lien sécurisant — un processus fondamental pour le développement émotionnel et moteur du bébé.
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Nombre de femmes évoquent des oublis, une moindre fluidité mentale ou une fatigue cognitive pendant la grossesse.
Les études montrent effectivement des modifications de l’attention ou de la mémoire à court terme. Mais ces variations ne sont pas des déficits pathologiques : elles semblent être la contrepartie naturelle d’une réaffectation des ressources cognitives vers ce qui devient prioritaire, notamment l’affectivité et la vigilance maternelle.
Autrement dit : le cerveau ne devient pas moins performant. Il devient performant autrement.
Cette reconfiguration est cohérente avec ce que l’orthokinésie observe dans d’autres contextes : dès que le corps et le cerveau entrent dans une nouvelle dynamique (douleur persistante, changement hormonal, stress, adaptation musculaire…), la neuroplasticité s’organise pour répondre aux besoins fonctionnels du moment.
Bien sûr, les variations hormonales — œstrogènes, progestérone, ocytocine — participent à ces transformations. Mais la science montre que la parentalité elle-même, indépendamment du fait de porter l’enfant, modifie aussi le cerveau :
Tous présentent des changements neuronaux mesurables liés à l’attachement, à l’empathie et à la régulation émotionnelle.
Cette donnée est essentielle :
Ce n’est pas la grossesse en elle-même qui crée le cerveau parental,
C’est l’expérience relationnelle, sensible, répétée, du care.
Le cortex préfrontal, l’amygdale, l’insula et les circuits dopaminergiques — zones clés de la motivation, de l’attention et du comportement social — s’adaptent chez tout adulte engagé dans la prise en charge d’un enfant.
Il existe donc un cerveau de parent, et non un « cerveau de maman », façonné par l’expérience d’attachement au quotidien.
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Ces résultats changent notre regard :
Comprendre cette plasticité — dans la parentalité comme dans la rééducation — est au cœur de l’approche OPS: le corps et le cerveau évoluent en fonction de ce qu’ils vivent. C’est cette logique qui fonde la posturologie dynamique : l’expérience crée la fonction.
Cette même capacité d’adaptation du cerveau et du corps s’exprime aussi à travers la posture, notamment pendant la maternité : nous l’explorons plus en détail dans cet article consacré aux liens entre grossesse, postures et transformations neuro-corporelles.
Références académiques
Hoekzema, E. et al. (2016) ‘Pregnancy leads to long-lasting changes in human brain structure’, Nature Neuroscience, 20(2), pp. 287–296.
Kim, P., Strathearn, L. & Swain, J.E. (2016) ‘The maternal brain and its plasticity in humans’, Hormones and Behavior, 77, pp. 113–123.
Pawluski, J.L. (2016) ‘Motherhood and the brain: A discussion of pregnancy, hormone changes and maternal brain plasticity’, Yale Journal of Biology and Medicine, 89(1), pp. 21–27.
Abraham, E. et al. (2014) ‘Father’s brain is sensitive to childcare experiences’, Proceedings of the National Academy of Sciences, 111(27), pp. 9792–9797.
Swain, J.E. et al. (2014) ‘Parenthood and brain plasticity’, Human Brain Mapping, 35(11), pp. 5564–5574.
Feldman, R. (2015) ‘Sensitive periods in human social development: new insights from neuroscience for policy and practice’, Current Opinion in Psychiatry, 28(4), pp. 325–330.
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